Samedi 18 octobre 2008 à 19:41

Les éditions Chloé des Lys publient des auteurs dans tous les genres: Poésie, theâtre, contes, romans policiers, fantastiques etc

A cet effet, je remercie encore le comité de lecture pour avoir acceuilli mes ouvrages.

Les auteurs viennent de partout / Belgique, France, Canada, Etats-Unis, Suisse...

Je tenais à vous présenter ce jour quelques auteurs de la maison que j'ai lus.
 

Nora Atalla: elle se consacre à l'expression poétique et au roman. Elle a participé à de nombreux prix et elle fait beaucoup pour promouvoir l'écriture... Site: http://www.nora-atalla.com

Note: si l'on clique sur les liens utiles de son site, on retrouve certains auteurs de Chloé des Lys.
 

Laurent Dumortier : Un écrivain essentiellement basé sur le fantastique - avec de temps en temps quelques notes de poésie.                  Site: http://gsl.skynetblogs.be

 Jean Vigne: Un auteur du fantastique et du mystère qui passe de l'apocalypse à la machine à remonter de temps.    Site: http://jean.vigne.free.fr
 

Christian Van Moer: Un poète et un romancier d'une facture classique et qui mérite le détour. Site:     http://christianvanmoer.skynetblogs.be
 

 

Publié par Pierre.RIVE

Lundi 8 septembre 2008 à 16:55

Ce livre est essentiellement un travail burlesque et basé sur l'autodérision (sketches,etc.), avec aussi des petites notes argotiques françaises. Car, je pense que ce langage fait partie de notre culture.

Pourquoi le burlesque et l'autodérision?? Parce que je pense que la littérature est trop souvent triste à notre époque.. et puis, il faut aussi savoir rire de sa propre personne.

Paradoxalement, le rire est aussi le fruit d'une certaine gravité...

Titre : Mélange    Illustration de l'auteur     120 pages    Ed Chloé des Lys  2008            17,10 Eur

http://pierre.rive.cowblog.fr/images/Melange.jpg

                                                                             (extrait/lettre)                        Je vous remercie pour cette journée ensoleillée. Il est vrai qu'en fin septembre, la chaleur est encore intense. Vous m'attendiez sur la terrasse de votre maison qui longe la Loire, dans votre robe blanche à rayures azuréennes. On aurait dit une peinture impressionniste, cette volonté indéniable de figer l'instant. A vous voir épanouie, le visage décloué des panneaux artificiels, le front légèrement badigeonné par l'ombre des arbres ; des larmes d'émotions coulaient à l'intérieur de mon univers. Etait-il nécessaire de pleurer à l'extérieur ? Non ! Il me semblait inutile de gâcher cette clarté. Alors, dans la danse lente des feuillages et le chant effilé des becs rayonnants, vous m'avez tendu vos bras et votre sourire. De ce sourire qui fait que la femme est indéfinissable. Nous avons bu du vin blanc tout en humant l'eau douce du fleuve avec ses relents de pierres et de sables. Vous étiez en train de me reprocher que j'étais toujours à fuir vos invitations, lorsque votre frère est arrivé et m'a exhorté pour une partie de pétanque. Ghislaine, la douleur fut grande de me séparer de votre lumière… Cependant, il faut savoir faire preuve de civilité. Nous avons commencé par une triplette, puis le cercle s'est élargi , et les spectateurs furent nombreux. Je fus d'abord désigné comme tireur, on a débouché quelques bouteilles de rosé. La partie fut très longue, les cadavres en verre s'accumulaient sur le gazon qui commençait à gazouiller tous les pinsons du monde. Vers la fin du jeu, j'avais un mal certain à placer les sphères sur le terrain. Pour fêter notre défaite, nous avons effectué plusieurs tournées de pastis… Lorsque nous fûmes enfin seuls, c'est à tâtons que j'ai retrouvé la terrasse. Vous étiez dans votre salon, allongée sur un canapé, et vous regardiez la télévision – il me semble. Alors, avec un élan fougueux, je me suis allongé sur votre corps de déesse et j'ai ronflé toute la nuit dans la vallée de votre cou. Ghislaine, ce fut vraiment une journée merveilleuse, et ce doux parfum de soirée qui embaumait votre maison de raisin et d'anis. Ah Ghislaine ! Je crois   que nous avons énormément d'affinités.

                                         A très bientôt

                                          Ps : J'espère que votre frère sera là pour la revanche.

 

 

       Pour passer commande Mail: chloe.deslys@scarlet.be
                                                                                                  www.editionschloedeslys.be



 Autres titres disponibles chez le même éditeur Parution 2006 : Ecriture volume 1/115pages et volume 2/129 pages(compilation d'écriture poétique 1994-2004) Illustration de l'auteur

15.43 Eur le volume

http://pierre.rive.cowblog.fr/images/Vol11.jpg
 

http://pierre.rive.cowblog.fr/images/vol22.jpg

 EXTRAITS:

La belle

Cette fois

Cette couleur blanchâtre

Qui te pare

Que viennent lécher les loups.

 

Cette fois

Le filet des étoiles

Sur ma gueule

Et le vent figé sur les arbres.

 

La belle

J’ai l’épée sous le menton

Et la cuirasse fendue

Tel un tronc

Après la foudre.

Tu frottes tes mains

Avec le poison

Qu’étayent les femmes amoureuses.

 

Que veux-tu ?

La mousse

La pourriture

Les scarabées

L’écorce éparse

Ou les sphinx qui se suicident les ailes

Sur tes fenêtres.

 

Que veux-tu ?

A celui qui ne sait rien.

 

Si !

La chance d’être encore en vie.

Demain

Peut-être

J’aurai le visage sous le jupon

De la mort.

Demain

Je ne pourrai plus ouvrir

Les coffres aux trésors

Ni

Voir étinceler les pierres

A ton cou.

 

La belle

Dans ton temple infini

Sous ton arche perdue

Je cuisine les mots.

Je sors les épices ;

Sous les feux mijotent des plats inconnus.

Le vin rubis

Et le vin grenat

Ruissellent sur mes dents

Comme la mer sur les rochers.

 

Je suis là

Puisque tu m’as réveillé.

 

J’ai les paupières dans les poches.

Elles ne viendront plus nous importuner.

 

Je vois déjà

Les bateaux s’arrimer

A la table insulaire.

Et c’est merveille

Tous ces marins en sueur

Qui font glisser les barques

Sur le sable

De

Tes plages.

 

 

 

 

  La Belle



 

La voix qui était venue aux oreilles de K n’était pas celle que Jeanne avait entendue en gardant ses moutons. La voix qui avait percé la cire, la croûte, le bouchon, était aiguë telle une ascension vers un monde parallèle. Un monde où les rêves élastiques se tordaient, s’étiraient sous les lumières ; se libéraient entre les doigts d’une création en ébullition. La cire devenait poussière. Les couteaux d’un ciel réveillé coupaient le voile de ses yeux. Enfin, il respirait les fleurs impalpables et sortait d’une faune obscure les instants de clarté qui s’emperlaient à tous les vents.

 

Le son qui était sorti de la torpeur, était devenu ample comme une musique avec ses retours de sel. La musique était si plaisante que K n’entendait plus ses pas qui crissaient sur un mélange de coques vides, de pierres érodées, de sable. L’astre de sa tête trouvait les falaises admirables. Les sculpteurs des marées avaient figuré des pays inconnus qui se côtoyaient et se transformaient. Les bergères de la mer avaient des visages calmes ; leurs chevelures ambrées sillonnaient un bleu émeraude. Il y avait du Titien, du Tintoret, du Renoir, chez ces femmes langoureuses.

 

Toutes ces femmes avivaient les flammes qui avaient pris naissance au moment où la voix était venue. Pourtant, en ramassant un morceau de bois qu’un enfant de Neptune avait refoulé avec les algues, K se mit à tourner  le dos au décor avec pour ombrelle le vol des mouettes. Il savait pertinemment que les portes du temple allaient se refermer, que demain serait une autre vision. Il fallait retourner dans la maison de la nudité, entourée de chouettes, de lunes et d’ombres fulgurantes. Il savait que le souffle sur les épaules, il irait s’asseoir toujours au même endroit devant la feuille et l’encre fluide.

 

Il savait que germeraient des jardins.

 

K

Ensemencée d’étoiles

Elle répand sur le sable

Des paroles

Des fragments

Des sourires lointains.

 

Tantôt langoureuse

Semblable à une gitane

Sur un banc de coquillages

Ses doigts caressent

Les cordes du vent.

 

Tantôt échevelée

La sueur perle son visage.

Elle frappe sur les batteries ;

Les embruns se perdent ou se captent

Avec les cris des oiseaux palmipèdes.

 

 

 

Aux lunes pleines

Se tissent les toiles.

Les araignées du rêve

Sortent de leur ventre

Des fils d’encre.

 

Elle déserte les rivages

Dévoilant ses jambes ruisselantes

Son sexe de goémon.

Le ciel écarte les nuages 

Se rince l’œil.

 

Ou

Elle redouble de vigueur ;

Lâche ses chevaux d’écume

Qui se cabrent, se ruent

Creusent les roches.

Dans les ressacs

La dompteuse exhorte les crinières.

 

 


Vêtue de brume

On entend les rames des chaloupes.

On devine les barbes

Les boucliers

Les cornes sur les casques

Les plissures des fronts.

 

De temps en temps une lumière :

Une épée brandit sa lame

Et déchire le rideau opaque.

C’est la langue du sel

Qui crie parmi les cordages ;

Le loup marin

Qui arrache sa pelure.

 

Le souffle

Enivre les narines de la création.

Son pollen féconde

Le chant des voiles

Et les îles.

 

 


La pluie se perd dans l’amplitude.

Mais

Quand les yeux noirs iodés

Deviennent transparents

Autour de son cou

La belle porte des bijoux étincelants.

 

La poitrine épanouie

Elle se balance de liane en liane

Dans les forêts d’algues

Appelant les fauves

Et les troupeaux d’éléphants.

 

Après le ralliement

Le bruit de frottement

Qui persiste

N’est rien d’autre qu’une plume

Qui griffe le papier.

 

 

 

Propagée de soleil

Son corps transmuable

Arbore

Des bleus, des verts, des jaunes, des rouges.

 

Mais jamais !

 

Jamais !

 

Les arbres ne perdent leurs feuilles.

 

Entre les branches

Un singe

Gavé

De

Fruits.


LA  MER

 

 

 

 Parution 2007/ 142p ( Nouvelles et poésie) 

Illustration de l'auteur    15.7 Eur  

Souvenirs et réflexions d'un homme qui se promène à travers les parcs.
 
         http://pierre.rive.cowblog.fr/images/PARCS.jpg    

 

La vie avance et puis régresse, dans ces promenades à travers les parcs. En effet, même si la vie est faite de découvertes, reviennent les souvenirs comme un souffle en plein visage. L'homme serait heureux s'il ne vivait que pour l'instant et le plaisir. Il n'aurait pas le fardeau de la mémoire. Noyau de jouissance, il ferait le lézard, et la queue élimée par les siècles, il s'abandonnerait au soleil sans un verbe ni une pensée.

La vie avance et puis régresse, et l'on peut écouter dans le bruissement des arbres, la litanie du monde et de ses fléaux.

 

   EXTRAIT
 

Il faisait chaud sur le parking. J’ai toujours aimé la chaleur. Habiter au Brésil parmi les femmes qui se trémoussent ou dans un petit village de pêcheurs entre les murs blancs de la Grèce, cela me serait très agréable. Certes, l’image du Brésil est un leurre : la profusion de la misère, la pollution de la baie de Rio… Certes, les statues qui ont bercé de légendes ont tendance à s’enliser dans les marécages de nos soirées coutumières. Cependant, retrouver le geste essentiel, raccommoder les filets, manger à sa juste faim, boire le sang du crépuscule, me serait vraiment très agréable.

 

Mais, j’étais garé devant ce parc dans une ville pieuvre dont les ventouses happaient avec avidité les campagnes environnantes. Pourtant, des branches lourdes traversaient les grilles impunément avec des dégradés de vert. Dans la chevelure des arbres murmurait déjà un  monde nouveau. On aurait dit que la nature voulait retrouver ses droits sur le bitume. Le parking était désert ou presque, un chien urinait devant une cabine téléphonique en péril. C’était l’heure de midi, et je m’apprêtai à faire fondre la graisse de la quarantaine.

 

J’avais mis mes chaussures de sport, et j’étais en train de verrouiller ma vieille carrosserie, lorsqu’une voiture est venue se ranger juste à coté de la mienne. Effectivement, sur un parking désert, venir s’aligner à cet endroit me parut bien étrange. Enfin ! Il y a plus étrange ! J’ai donc jeté un coup d’œil sur le conducteur, je ne voyais pas grand chose avec les reflets que faisait le soleil. Je me suis accroupi pour serrer mes lacets.  La vitre s’est baissée, laissant apparaître un visage féminin.

 

La femme souriait. Dingue ! Une femme qui se mettait à sourire ! Il est possible que ce soit un phénomène  de société, je trouve que les femmes sont de moins en moins souriantes : le stress, le travail, la compétition, les embouteillages, le sida, l’équilibre amoureux, la mignonne abandonnée avec son rejeton, la donzelle qui cherche le prince charmant à chaque coin de rue, le boutonneux qui pique sa crise… La libération des mœurs n’a pas arboré que de bonnes choses. Non seulement elle souriait, il faisait beau. Je n’ai jamais eu la moindre aversion envers les gens de couleur : elle était noire, et son faciès était racé.

 

Il y avait quelque chose de risible. Je me trouvais avec mon short et mes jambes pleines de poils en face d’une black qui laissait glisser sur son nez des lunettes avec montures dorées. Le rouge vif qu’elle portait aux lèvres ne contrastait pas vraiment. Cependant, dans le blanc de ses yeux, on pouvait s’y perdre, assurément.

 

 

 

 

 

 

 

Le besoin de séduire qui m’avait tenu la main pendant des années avec fougue ne faisait plus partie de mes rituels. Cependant, faire un brin de causette n’était pas interdit. Je me suis accoudé à sa portière, comme on s’accoude sur le muret du voisin pour lui parler des légumes ou des fleurs de son jardin. Il y avait un livre sur le tableau de bord. Je lui ai demandé si elle aimait la littérature. Elle m’a montré la couverture de l’ouvrage : c’était une collection à l’eau de rose. Tous les goûts sont dans la nature, pour ma part, l’eau de vie et l’eau de rose… L’écriture n’est pas uniquement ce nid où les chenilles sortent à la file indienne comme des majorettes sous un ciel merveilleux.

 

Je décidai de changer  de conversation… tout en parlant, je remarquai une jolie paire de seins dont le grain  ressemblait à   celui d’une peau d’orange. Les fruits semblaient vouloir éclater l'enveloppe. La vie d’un homme n’est pas toujours facile à gérer à ces moments-là. D’autant plus que ses jambes laissaient deviner des festins. Je lui aurais bien fait un petit sur la banquette arrière, afin que notre progéniture éphémère aille crier le feu dans les feuillages de ce parc. Nous étions sous le soleil, j’avais le vent du désir, au cœur d’une ville où subsistait un refuge. Peut-être était-elle venue de sa hutte en terre pour  voir l’homme blanc avec du poil aux pattes ?

 

Tout à coup, elle m’a proposé une partie de joyeuses à l’hôtel. Tiens ! Une prostituée ! Marrant ! J’avais pensé à une secrétaire, une vendeuse, une avocate, un flic, un cadre dynamique, une féministe, une pédagogue de la poésie… La prostituée, ce genre de métier m’était complètement sorti de la tête. C’était donc un sourire commercial. Je ne lui ai pas demandé si elle faisait cela librement ou si son lascar venait relever les compteurs à chaque fin de semaine. En tout cas, c’était une très belle femme, et l’idée qu’elle était venue à ma rencontre acculée par la nécessité me faisait froid dans le dos. L’union de l’Europe est un vrai tas de pus, je ne parlerai pas du restant…

 

J’ai connu une fille qui faisait le même travail quand j’étais dans le sud du Maroc – il y a des années. On habitait sur le même palier, ce fut un pur hasard. Elle s’appelait Fatima, on fumait souvent ensemble le narguilé et on buvait le thé à la menthe. De temps en temps, elle m’invitait à ses réceptions mondaines : dans la  salle qui lui servait de chambre à coucher, elle préparait le couscous. Puis, arrivait un client potentiel ; elle s’installait sur ses coussins et commençait son cinéma avec des gestes de divinité du sable. Quand les choses devenaient concluantes, je me dérobais avec le sourire. Les soirs où elle avait le cafard, elle venait frapper à ma porte. Nous étions devenus amis.

 

 

 

 

 

 

Ce n’était pas une femme d’une beauté extraordinaire, mais de son visage émanait un charme certain. Elle était grassouillette, un peu moins que les baigneuses de Renoir – tout de même. Mais, sa chair était rassurante. Dans la cour intérieure qui était commune à nos deux paliers, les mosaïques tapissaient les murs. Au milieu de la cour, il y avait le néant. Et, au milieu du néant, il y avait Fatima qui accomplissait la danse du ventre pour mon plaisir. De voir se tortiller ce corps me rendait fou, j’aurais bien fait mon habitat dans son nombril pour l’éternité. A ce moment, nous redevenions des enfants, moi qui fuyais les rouages de l’occident. Elle, la prostituée qui s’offrait en pâture aux conquérants.

 

 

Un matin, je suis parti sur la pointe des pieds. Je n’ai pas eu le courage de lui dire… depuis, j’ai  souvent regretté.

 

 

                                               J’ai enlevé mon coude du comptoir de la black.

 

 

J’ai couru longtemps.  

                              

 

 

 

                                                Parking




http://chloedeslysblog.canalblog.com/archives/2007/09/02/6078029.html

            

 

 

Publié par Pierre.RIVE

Lundi 2 juin 2008 à 18:47

http://pierre.rive.cowblog.fr/images/Ineditnouveaun222.jpgCet article est extrait de la revue Inedit Nouveau n°222 de mai 2008

Merci Paul Van Melle - Encore un Belge!!!

Publié par Pierre.RIVE

Mercredi 30 avril 2008 à 18:31

Avant de publier mes premiers livres, de nombreux textes ont paru dans les revues de poésie et de littérature. Je continue toujours à y publier certains de mes écrits.

Publications dans les revues papiers entre 2000 et 2009

Revues françaises:

Traces n° 140  n° 143   n° 145  n° 147  n° 150  n° 151  n° 156  n° 157

Le Cri d'Os  n° 33/34

Friches  n° 80

Comme en poésie n°16  n°18  n°20

Verso n° 108  n° 113  n ° 116  n° 118  n° 120  n° 127  n° 129  n° 130  n° 133  n° 135  n° 136  n°137

Libelle n° 197 n° 202

Revue belge

Inédit Nouveau n° 214

Participations à trois ouvrages collectifs en 2007 et 2008 aux éditions Chloe des Lys

Et quelques textes sur internet: :  www.1000nouvelles.com          revue  "Le Capital des Mots" n° 19

Soit plus d'une cinquantaine de textes poétiques et de nouvelles dans les revues...

 

Publié par Pierre.RIVE

Mercredi 12 mars 2008 à 21:04

Ces deux textes sont extraits d'un livre qui va paraître aux éditions Chloé Des Lys dans le courant de l'année 2008(mes amis belges). Il faut croire que l'écriture n'a pas de frontière!!!     

 Le livre s'intitule "Mélange". Il est vrai qu'il y a des tendances burlesques dans ces écrits...

 Quatrième ouvrage de l'auteur...

                                                                                            Chère Rose,

Je ne savais plus quoi penser de notre dernière rencontre. Il y avait tellement de sensualités dans vos gestes et sur votre visage. J'ai eu l'impression d'avoir passé ma vie à ramer dans un océan de pauvreté. C'est pourquoi, depuis peu de temps, j'ai investi dans un aéroplane. Cela afin, de survoler ma triste personnalité, de pouvoir vous approcher sans ressentir cette affreuse pesanteur qui déstabilisait mon armure et dégradait mes articulations. J'avais beau mettre de l'huile, à chaque fois que je vous apercevais – vous, si belle et si fragile – j'avais le palpitant qui commençait à rouiller, la langue chargée, les amygdales grosses comme des roupettes, et la salive figée.

            Le jour fatidique où nous avons décidé de nous rencontrer pour une sérieuse conversation sur notre devenir, vous m'attendiez dans une jolie prairie fleurie. Alors, vous m'avez vu arriver tel un aigle royal. Mon zinc dessinait de grands cercles dans l'azur, et un vent douceâtre soulevait votre robe, laissant apercevoir votre superbe calbute à rayures vertes. Le preux chevalier du ciel faisait des acrobaties, tandis que vous restiez la bouche ouverte, émerveillée. Vous aviez toujours cet éblouissement dans la mâchoire, lorsque je décidai d'atterrir sur des tapis de pâquerettes. Mon aile gauche a emporté votre dentition, et c'est à ce moment là que je me suis aperçu que mes freins ne fonctionnaient plus. Ma belle Rose, je fus complètement désemparé lorsque mon appareil est allé se cogner avec fracas contre un bosquet de peupliers. Avec le choc, je me suis mordu la langue, et un morceau de viande est venu se plaquer sur le tableau de bord. Depuis ce temps-là, nous ne nous parlons plus.

                                                 Et je peux vous affirmer que c'est bien dommage !

                                                                                              Pierre Rive

                                               

    Il vaut mieux se taire quand on n'a rien à dire. Déjà cette phrase est beaucoup trop prolixe. Pour tout vous dire, il  aurait mieux fallu ne pas l'écrire. Ou alors, simplifier l'expression de telle façon que… que le blanc soit plus exprimé. C'est à dire, trouver un raccourci algébrique qui fait économie de mots tout en gardant le timbre de l'idée première. Cependant, si je suis ce raisonnement, nous arrivons indéniablement dans un monde empreint de difficultés. Choisissons un fragment de cette phrase : il vaut mieux. Avouez que même si l'on n'a rien à dire, « il vaut mieux » ne veut strictement rien révéler. Car, à cet effet, on peut tout imaginer. Assurément, on peut dire : il vaut mieux avoir sa main dans la culotte de la voisine, plutôt que dans celle du voisin. Ou encore : il vaut mieux être un singe ignorant plutôt qu'une tête de veau ébouillantée. C'est ce qui m'étonnera toujours dans la langue française, on débute une phrase et puis… Bon ! Continuons notre développement. Si je prends une autre fraction : se taire. Se taire, quand il est isolé de la phrase n'est pas plus explicite. Car, on peut se taire pour écouter l'autre, puis parler profusément. Ou encore, on peut se taire lorsque l'on est à la pêche au bord d'un lac ; tout à coup se décrocher les mâchoires ; chanter des chansons paillardes, parce que le poisson a mordu l'hameçon. Bon !  Enfin, prenons : « on n'a rien à dire .» On peut très bien ne rien avoir à dire sur tel ou tel sujet. Et puis, étaler une thèse sur la vie des moustiques dans l'arctique. Bon ! Résultat des courses, on ne peut guère simplifier l'expression. Et, c'est bien dommage, car j'aime les choses simples. D'ailleurs, tout ce qui est compliqué me donne la nausée, me chiffonne et me fait mal aux seins. Quand je pense qu'il y des gens qui parlent ou qui écrivent pour ne rien dire… En vérité, je crois qu'il est préférable de le dire verbalement. Quoique… Quoique, le fait de le dire soit déjà très loquace. Le mieux, serait d'en parler à un  proche, cela afin qu'il puisse le dire à votre place. Et, on s'en laverait les mains ! Quoique… Quoique, le fait d'en parler à votre voisin soit déjà trop bavard. En vérité, le plus sage serait de le mimer. Nous serions enfin dans le royaume du silence, de la quiétude. Voilà ! Voilà ! Pourtant…

             

Pourtant les gens qui brassent de l'air pour ne rien dire, m'agacent particulièrement.


                                   Il vaut mieux se taire…

                                                                                          Pierre Rive

Publié par Pierre.RIVE

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